Pianiste et compositeur, Nicolaï Della Guerra est l'artiste du grand week-end du festival : ce vendredi à Mazeuil, il conçoit « À la découverte de Schubert par le mot et la note », sur des textes de Catherine Veltcheva ; samedi au Pressoir du Château de Chiré, il présente sa propre création, Les Contes de Lumen. Deux spectacles, un même récitant — Arnaud Frémont, que le public du festival applaudissait déjà samedi dernier dans L'Histoire du Soldat. Rencontre avec un artiste qui revient de loin, et d'ici.
Qu'est-ce qui vous fait revenir au festival ?
« Je suis très heureux de revenir dans ce festival après plusieurs années — et d'y présenter, en plus, deux projets dans les villages. De mes venues passées, je garde des souvenirs de réveils extrêmement tôt pour travailler, de déménagements de piano descendu dans des escaliers sur la tranche, avec des sangles et des cordes pour le tenir et qu'il ne se casse pas la figure. Deux concerts par jour, des tables immenses avec plein de musiciens, une équipe qui bosse à fond, des concerts sur les marchés, d'autres dans des lieux vraiment très beaux. »
Samedi, vous présentez Les Contes de Lumen. Que raconte cette œuvre ?
« C'est une composition qui a une histoire particulière, et qui résonne particulièrement avec le monde qui nous entoure. Le spectacle a été créé dans la Drôme avec le collectif Leto — mais deux morceaux de ces contes ont été écrits ici, dans le Poitou, pendant le festival, il y a sept ans. »
Et le spectacle Schubert de ce soir, à Mazeuil ?
« C'est également l'adaptation d'une œuvre créée avec ce même collectif il y a quelques années, et réadaptée ces derniers mois à la suite d'une commande de Chamber Music for Europe, pour venir la jouer ici, dans les villages. Ce qui est très intéressant, c'est que ce travail réunit plusieurs structures — le collectif Leto, Chamber Music for Europe, Concerts en nos Villages — et plus que des structures : des musiciens, des personnes différentes, qui n'avaient pas forcément eu l'occasion de se rencontrer et qui se rencontrent sur ce projet, avec Arnaud, notre comédien. Avec, chez tous, cette envie de proposer une lecture assez particulière d'un compositeur dont la musique est si magnifique. »
Un mot sur le moment que traverse la création musicale ?
« En ce moment, tous styles et toutes formes confondus, on voit une situation où les pouvoirs publics se détournent de l'art, en réduisant drastiquement leur intérêt. C'est donc plus que jamais le moment de soutenir les amis qui créent des projets comme Syntropie, qui avancent en équipe et qui continuent à produire de l'art. »